Les rencontres du MaMA Festival 2021 : on a papoté avec l’excellente Thérèse !

Alex était partenaire de la nouvelle édition du MaMA Festival et lors de ce rendez-vous incontournable, on a profité de l’occasion pour papoter avec les artistes qui font déjà la musique de demain : voici Thérèse !

Par Stéphane Bernault  - Mis à jour  

Les rencontres du MaMA Festival 2021 : on a papoté avec l’excellente Thérèse !

Au MaMA Festival, Thérèse a fait sensation… normal, elle est sensas !

Avant d’aller secouer le MaMA lors d’un concert archi-complet, attendu par tout un milieu, Thérèse a pris le temps de venir nous parler, de répondre à des questions sur le monde, sa musique, sa créativité et ses futurs projets.

Alex : Ton EP « Rêvalité » parle beaucoup de et ça parle beaucoup de sujets actuels. Est-ce que tu crois qu’il y a un problème avec le monde pour parler autant de sujets cruciaux ?
Thérèse : (rires) Alors je pense pas qu’il y ait problème plus que sur les autres époques. J’ai fini par comprendre un truc. Je ne sais pas si, si c’est du défaitisme ou du pessimisme ou pas, j’ai juste l’impression d’être réaliste. Mais je pense qu’on n’est pas meilleur que les générations précédentes et ni pire. Simplement, la technologie avance et la science avance et du coup, ça crée des problèmes qui sont différents. Mais finalement, quand tu relis des bouquins de philo parce que, moi, je suis une grande fan de tout ça, je me rends compte que qu’on parle depuis la nuit des temps des mêmes problèmes. Donc, finalement, non. Si je parle de tout ça, c’est parce que c’est que des sujets qui me traversent.

Je n’ai pas choisi de parler de la société. Je n’ai pas choisi de parler des relations toxiques ou que sais je. C’est juste que je m’intéresse au monde. Donc forcément, ça se reflète dans ma musique. Et puis, je me pose plus de questions psychologiques par ailleurs sur l’être humain. Et donc, j’en parle aussi dans mes chansons. Mais ce n’était pas prémédité.

En revanche, en revanche, je complète quand même. En revanche, effectivement, je suis traversé aussi par d’autres choses. Mais pendant le confinement de l’année dernière, je me suis rendue compte que je me suis posé beaucoup de questions sur la place de l’artiste dans la société et je pense qu’il y a autant de place à prendre que d’artistes différents et différentes et que moi, personnellement, j’avais envie d’y mettre quelque chose de politique, pas au sens politicien du terme, justement, vraiment au sens du peuple, et de soulever des questions et questionner. Je me dis que l’art peut servir aussi à ça.

Alex : c’est ce que tu fais avec tout ton parcours… artiste, chanteuse, tu fait du militantisme, tu es aussi modèle. Tout ça, ça se retrouve dans ta musique.
Thérèse : C’est une ligne conductrice qui s’est dessinée un petit peu toute seule, mais je me suis rendu compte que tous les médias que j’utilisais, que ce soit voilà via le prisme de la musique, de la mode ou autre, du militantisme plus pur et dur entre guillemets, tout se recoupe. Finalement, quand tu milite comme moi pour la liberté, c’est très naïf, dut comme ça. Cela se transpose sur tout. Donc, je pense que de la cohérence, elle s’est faite d’elle-même. Et puis après, j’ai la chance d’avoir pleins de médias différents. Pour ceux pour s’exprimer, c’est que tu peux tirer un peu plus ou pousser un peu plus tel ou tel curseur et toucher des populations aussi différentes.

Alex : Est ce que tout ça, ça ne donne pas une étiquette d’artiste engagé ? Et est-ce que cela peut se révéler contraignant à un certain moment donné ?
Thérèse : En fait, ce que je questionne beaucoup, c’est ce terme d’artiste engagé parce que je me dis que moi, je me sens en fait juste une citoyenne normale qui s’intéresse au collectif et aussi, bien sûr, à ma personne, enfin, au niveau individuel. Et pour moi, la vie, c’est un peu un aller-retour entre eux, justement, sur ce truc très bien mener sa vie, mener sa barque et aussi voir ce qui se passe ailleurs. On n’est jamais vraiment tout seul quoi et et du coup, j’ai presque envie de dire que moi, je serai une artiste tout court.

Et puis, il y a peut être des artistes désengagés, je ne sais pas. Je prendrais presque le problème dans l’autre sens, tu vois. Mais bon, peu importe quelque part, j’ai pas tellement envie de forcément étiqueter telle ou telle personne. Je pense qu’il y a des faces de vie aussi. Il y a des moments où on a plus de choses à dire. Il y a des moments où tu es plus en repli sur toi même est un droit et il n’y a pas de souci.

Cette étiquette me dérange pas. Le seul souci que ça peut poser à certains moments, c’est par exemple quand tu es en interview, sur un plateau télé, etc. On va plus te parler de ses engagements que ta musique alors que tu fais la promo de ton disque. Ça, c’est chiant et c’est parfois un peu usant. J’ai envie de dire, ce n’est pas déstabilisant, mais c’est un peu usant. Mais bon, après, c’est à nous aussi de faire notre job et de réussir à ramener tous vers la musique. Mais finalement, comme tout se complète, c’est vrai que moi même, même quand je parle de ma musique, j’ai du mal à part à ne pas parler des activités connexes. Je ne peux dire que je n’ai pas du tout envie de parler de ça, alors qu’en fait, la chanson traite du sujet dont on parle.

Alex : Est ce que tu te sens une artiste de notre génération avec une volonté de poser des mots sur les problèmes de notre génération ? Et tout ça, sans vouloir présager de ton âge ?
Thérèse : Ouais, je pense. Je crois que je vis quand même pas mal avec mon temps. Je suis… j’écoute ce qui se passe, j’hume l’air du temps et et après, j’essaie surtout de le digérer et d’en faire quelque chose à moi. Mais je pense que personne n’aura la prétention de se dire que je fais un truc… Comment dire… qui ne s’inscrit pas dans l’air du temps parce que finalement, ou alors iel ne sort pas chez lui… je veux dire qu’iel est forcément happé par ce qui se passe autour de nous, les artistes, ne serait ce que les copains avec qui on traîne, les artistes qu’on écoute, etc. Après tout, le travail, c’est d’essayer d’avoir toujours un pied dedans et un pied dehors. C’est ma position en tant qu’être humain, peut être. Voilà, je pourrais avoir un pied dedans et un pied dehors. Je crois que c’est un peu mon truc

Alex : Tu m’as parlé d’utiliser tous les médias possibles… Donc on va parler de tes clips. Est ce que tu as un fort impact créatif, visuellement parlant?
Thérèse : Ouais grave. J’adore ça.

Alex : Et pourtant tu ne les réalises pas.
Thérèse : Non, je ne réalise pas, je ne réalise pas. Mais je participe au travail. Il y a des réalisateurs différents. Par exemple, il y a plein de photographes différents et différentes avec lesquels je bosse et finalement, t’as quand même cette direction artistique commune. Parce que comme je m’intéresse beaucoup à tout ce qui est l’image, ça me passionne depuis toujours, que ce soit le cinéma, même les clips. Moi, je suis une génération MTV. Tu ne voulais pas présager de mon âge tout à l’heure. J’ai 35 ans et et du coup, j’ai beaucoup regardé MTV. Et voilà, je suis fan de cinéma d’auteur, mais aussi de blockbusters bien réalisés, c’est à dire que je ne vais pas aller regarder n’importe quoi, mais un « Mad Max Fury Road » avec Charlize Theron, ça, tu vois… C’est comme pour la musique quelque part. Mes goûts sont assez similaires, c’est à dire que je peux autant kiffer Radiohead, Sega Bodega que Rihanna. Et en même temps, écoutez Björk ou Arca, des trucs que personne ne connait sur Soundcloud juste parce que ça me fait kiffer. Et voilà, tant que ça vibre quelque part, que ce soit visuellement ou de façon sonore, je prends… (rires) Et c’est quoi le début de ta question au fait ? (rires)

Alex : C’était la part créative dans les clips
Thérèse : Ah oui, j’ai toujours des idées qui me viennent. La chance que j’ai, c’est que Charlie, par exemple, celui qui a réalisé le clip de « T.O.X.I.C », c’est un ami très proche. Donc en fait, on se connait très bien. On a plein de rêves communs. C’est très facile de discuter avec lui. Donc voilà, on vient chacun avec nos idées. On se balance des milliards d’inspi sur Insta. Et puis après Roule ma poule avec Marie-Laure, que je connaissais depuis un moment, qui a réalisé le clip de « Chinoises ». On se connaissait depuis un moment, ouais. Et du coup, on avait envie de travailler ensemble. On n’avait pas trouvé la bonne occasion et finalement, voilà ça s’est présenté. J’ai besoin de travailler avec des réalisateurs qui sont OK pour travailler, mais avec une artiste qui un peu par dessus leur épaule pour dire… là dans le montage… là machin… l’étalo, je la préfère comme ça… pour le stylisme, ils me font confiance en général et je m’occupe du stylisme de mes clips.

Et puis, en terme de make up, j’ai toujours plein d’imprimés chez Marie aussi, qui travaille avec moi. Et nous voilà en fait une formule intime une femme, une famille où chacun, chacune se fait confiance et où, surtout, on peut dialoguer. Ça, c’est super important.

Alex : La dernière fois, tu m’as laissé un peu en suspens sur la question du premier album…
Thérèse : (rires)… Et ben je vais te laisser encore en suspens. C’est-à-dire que j’écris… D’ailleurs, ce soir, je joue (dans le cadre du MaMA Festival, ndlr) de nouveaux morceaux… Pour le moment, je pense qu’on va plus partir sur un 2e EP qu’un album… pour des raisons de timing et économiques. Mais j’ai de la matière.

En ce moment, je me pose beaucoup de questions sur ma structuration, du coup, c’est une autre réalité qui détermine le choix du format qui va sortir. Aujourd’hui, je lance mes premiers NFT donc ça c’est aussi un nouveau truc qui vient s’ajouter à toute cette balance. Et voilà, peut-être qu’il y a des morceaux qui vont sortir sur l’EP, d’autres en exclu, on verra… Il faut quand même en garder un petit peu sous le coude.

Alex : Est-ce que ce n’est pas l’avenir de changer la façon de sortir de la musique ?
Thérèse : Je t’avoue que j’aimerais beaucoup dropper des sons comme ça, un peu à droite à gauche, d’interagir avec le public. Mais je t’avoue qu’après, le système de subvention n’est pas adapté à ça. Le jour où je serai multi-milliardaire, peut-être que je pourrais créer mon propre rythme même si je trouve que j’y arrive pas mal sur ce projet. On a droppé un son puis un clip un mois et demi après et pourtant ce n’est pas du tout ce qui se fait habituellement. En revanche, quand ton label demande des sous pour une subvention, in fine, on te demande un produit disque final donc on doit annoncer un nombre de chansons etc… C’est des fois contraignant et j’aimerais bien que cela bouge pour laisser plus de libertés aux artistes, leur permettre de mettre plus le paquet sur un morceau et puis prendre plus de temps pour la suite…

Alex : C’est ce que certains gros artistes arrivent à imposer…
Thérèse : Ouais c’est ça et c’est bien. Mais pour les artistes indé, auto-produits, c’est extrêmement difficile de faire comme ça. Il faut avoir beaucoup beaucoup d’économies, être rentier et ce n’est pas mon cas encore. Un jour peut-être. Donc inshallah.

En attendant le nouveau Thérèse, il faut donc se réécouter ou découvrir son premier geste musical « Rêvalité« .

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