Les rencontres du MaMA Festival 2021 : l’envoûtante Thaïs Lona s’est confiée à Alex !

Alex était partenaire de la nouvelle édition du MaMA Festival et lors de ce rendez-vous incontournable, on a profité de l’occasion pour papoter avec les artistes qui font déjà la musique de demain : voici Thaïs Lona !

Par Stéphane Bernault  - Mis à jour  

Les rencontres du MaMA Festival 2021 : l’envoûtante Thaïs Lona s’est confiée à Alex !

Thaïs Lona, la belle surprise du MaMA Festival !

Si vous avez assisté à un concert d’Ibrahim Maalouf, son nom vous dit peut-être déjà quelque chose ; elle a fait de nombreuses premières partie. Sinon, sachez que Thaïs Lona, c’est l’une des voix soul/RnB qui manquait à la France et on est bien content d’avoir pris le temps de discuter avec elle. Attention, c’est le son de vos futures soirées !

Alex : Que peux-tu nous dire de ton premier EP « Dancing Again », sorti en 2021 ?
Thaïs Lona : Ce premier EP, je l’ai appelé « Dancing Again » parce que c’était mon premier single à sortir et que c’est le début de tout, en fait. J’ai écrit ce titre dans l’idée de mettre des mots et me sortir d’une panade dans laquelle je m’étais mise sentimentalement parlant. Voilà comme tout le monde… on connaît tous ça, surtout quand on ne s’octroie pas le droit d’être heureux. Je crois avant 30 ans, tu as truc ce genre de période… entre 20 et 30, c’est le grand n’importe quoi.

C’est donc à cette période-là que j’ai composé « Dancing Again » et qui m’a donné envie de vivre ma vie, d’y aller à fond. Du coup, ça a été le début d’une nouvelle vie et le premier single, et donc le titre de l’EP, c’est le début à chaque fois.

Alex : Aucun rapport avec les confinements. Parce que pas mal d’artiste l’ont mis à profit, comme Clara Luciani et son « Respire Encore » pour nous inviter à … « Dancing Again »?
Thaïs Lona : Pour le coup, pas du tout. Mon album était déjà prêt avant que le Covid n’arrive et c’est là où ça a été encore pire. C’est que du coup, je ne peux pas sortir. Voilà, c’est donc album qui maintenant date un peu, même par rapport à la personne que je suis devenue. Et en fait, comme le Covid est arrivé, c’est que mon premier album s’est retrouvé au placard. Mais ce qui est cool, c’est qu’il sort, là, cet hiver. Et ça, c’est chouette ça, ça, c’est cool.

Alex : Ah mais voilà une excellente nouvelle.
Thaïs Lona : (rires) je suis contente de voir qu’il est attendu. Je suis mais tellement impatiente de le sortir.

Alex : parlons encore un peu de cet EP. Tu nous offres du RnB et de la soul avec une telle classe que c’est époustouflant. On s’est même demandé si tu étais française. Quels sont donc tes références ? Qu’est-ce qui t’as nourri jeune ? Cela doit être forcément de la musique étrangère ?
Thaïs Lona : C’est exact. Tu as totalement raison. J’ai grandi en écoutant exclusivement de la musique pas française. En fait, j’avoue qu’à part à part Brel que j’adorais, alors je ne sais pas … qui ne fait donc pas du tout de RnB, mais il arrivait à me mettre les poils. J’étais fasciné. Y a aussi Cabrel, que j’adorais aussi. Là aussi, il ne faisait pas trop de soul non plus.

Ce n’est pas du tout des artistes qui m’a inspiré dans cette voie là. Ma mère écoutait beaucoup de musique de ses origines, donc une musique cubaine ou de musique. Capverdienne, sénégalaise. Mais par contre, il y a un moment où j’ai vu un beau père. Et ça, ça a tout changé. C’était un beau mon père musicien qui était fan de James Brown, Earth, Wind And Fire, Kool And The Gang.

Et là, rien que d’en reparler. Ça me met des frissons parce que quand j’ai découvert ça et que j’ai écouté ça les premières fois, j’ai été heureuse. C’était quoi ce monde ? Qu’est ce que c’est qui se passe dans mon corps? (rires) Ça m’a fasciné et après, j’ai continué à écouter beaucoup de hip hop, de funk. Aretha Franklin m’a passionné. J’ai découvert après plein de filles fantastiques, Alicia Keys et très tardivement, Amy Winehouse qui est aujourd’hui pour moi, ma reine. Je suis complètement fanatique. Il y a Aretha Franklin et Ella Fitzgerald, toutes celles-là. Et du coup, mon beau père m’a introduit à toutes, à toutes ces merveilles de la musique. Et j’ai eu cette chance.

Alex : Et en références actuelles ?
Thaïs Lona : En références françaises, il y en a plein. J’aime beaucoup Luidji, j’aime beaucoup. Alors c’est plus rap. Alpha One. Qui est ce que j’écoute, que j’adore?… Bonnie banane, elle me fait tripper de ouf… Aaaah, y a Enchanté Julia. Je l’adore. Il faut l’écouter.

Alex : Bon, question importante : comment on se retrouve à faire les premières parties d’Ibrahim Maalouf ?
Thaïs Lona : En faisant des vidéos YouTube ! Faites des vidéos YouTube. Je suis carrément la Cendrillon de YouTube. Non, mais oui, c’est en tout cas, c’est… franchement. J’ai eu de la chance de fou, j’ai fait mes covers sur YouTube et un jour…. En fait, au début, j’avais décidé d’arrêter de faire la musique comme je le faisais, en tant que intermittente, en faisant beaucoup d’événementiel.

Ça m’allait plus du tout. Donc, j’ai commencé à faire des covers sur YouTube pour m’amuser. Je suis partie à New York parce que j’avais besoin de me rapprocher de cette musique que j’aimais, de la comprendre et de la vivre, tout simplement. Et quand je suis revenue, il y a le label d’Ibrahim Maalouf qui m’a appelé. J’étais en mode wesh, je m’en fous, je vais faire mon intermittence, mais je m’en fous comblé et ils m’ont appelé en disant « Salut,
est ce que ça dirait de signer avec nous?
 » Non merci. (Rires). Je rigole. Je n’y ai pas cru du tout au début et après, on m’a dit « Non, non, c’est sérieux ». Je les ai rencontrés. Le feeling est passé. Signature. album. Tournée. Bercy. Olympia.

Il y a eu trois Olympia. Non, mais c’est fou. En vrai, il y a eu deux Olympia et demi, deux trois quarts… Je devais venir faire le rappel le premier soir avec lui en jouant sur scène parce qu’il m’invite à faire un morceau avec eux. Je suis monté sur scène clairement parce que j’ai fait un malaise. J’étais trop angoissée. Voilà la meuf qui se met la pression, on l’aura compris. Et bon voilà. J’ai fait quand même deux Olympia trois quarts.

Alex : Chapeau. Pour commencer une carrière, c’est pas dégueu.
Thaïs Lona : Ouais c’est pas trop dégeulasse en effet. (Rires)

Alex : Tu m’as parlé de l’album qui sort bientôt ? On peut en savoir un peu plus ? Comment tu écris et quels sujets tu veux aborder dans ce premier album?
Thaïs Lona : Les sujets que j’ai abordé sont vraiment personnels. Moi, personnellement, je préfère parler de ce que je sais parce que sinon, je trouve qu’on parle de rien quand on parle de choses qu’on ne connaît pas. Donc, du coup, j’étais en quête de connaissance de moi-même.

J’ai écrit sur moi et sur des phases que j’ai traversées d’ailleurs. L’album va s’appeler « Cube » parce que dans cette même période, j’ai découvert le Rubik’s Cube. Je suis devenu passionnée de ça et j’ai trouvé que ça s’apparentait beaucoup à cette période que je traversais… de construction de psychologie… et du coup dans l’album, au niveau esthétique sonore, on va trouver tout ce que t’as dit là : de la soul, du RNB, pas mal de moi. Il y a peut être aussi un peu des influences du jazz.

Voilà toutes ces esthétiques-là avec des couleurs vachement différentes. J’associe beaucoup de couleurs avec les choses. Moi je fais ça, mais donc c’est un peu un arc en ciel quand même, l’album. Et au niveau des textes que j’ai co-écrit avec Nota Bene, qui a une plume magique. Enfin, je préfère faire les choses avec des gens que tout faire toute seule et que cela moins bien. Je préfère agréger un maximum de talents, qu’on fasse tout plein de choses ensemble, le tout au service de la musique que je veux.

Alex : Comment t’es écrit à 2 ?
Thaïs Lona : Je suis un peu control freak. Je suis là tout le temps. Impossible de se débarrasser de moi et je sais ce que je veux. Donc, c’est sûr que je ne laisse personne improviser, quoi. Mais du coup, oui, ça va parler beaucoup de fou. De quoi? D’amour, de confiance en soi, d’anxiété. Parce que moi, je suis un peu sujette à ça. Comme beaucoup de monde en fait. Surtout actuellement, je pense. Et au final, il y aura beaucoup d’optimisme. Généralement, quand on écoute une de mes chansons où on est censé se sentir un peu bien à la fin.

Alex : Ta bio Spotify m’a dit que tu jouais du saxophone ?
Thaïs Lona : (rires) Oui, alors en vrai, j’ai commencé par la harpe. Mais j’ai arrêté au bout de deux ans, parce que c’était une grosse feignasse à 5 ans. J’ai arrêté, j’ai fait du saxophone. Ça a duré un peu plus longtemps, mais en fait, je me suis très longtemps cachée derrière un instrument parce que j’étais juste timide et j’arrivais pas à assumer le fait que j’avais envie de chanter.

Un jour, mon prof de sax m’a entendu chanter, juste comme ça rapidement, alors qu’il était au piano ici, et que je devais déchiffrer une partition. Et il m’a regardé, surpris. Et il m’a dit que je chantais bien et que j’avais une belle voix. Il m’a demandé pourquoi je ne chantais pas. Je lui ai répondu que j’allais le faire. J’attendais juste une validation, une confirmation que j’avais le droit et je me suis lancée après quoi.

Alex : Tu joues des instruments sur tes chansons ?
Thaïs Lona : Oui, piano… guitare… Mais je préfère laisser la gratte à mon ami Noé, qui est fantastique avec sa guitare. Je touche à la MPC. Toutes les prod, de toute façon, moi, je les fais à la base, donc on se débrouille après.

Alex : Donc, j’imagine que après l’album, il va y avoir une petite tournée qui se prépare.
Thaïs Lona : Oui, j’espère. Je suis déjà en train de penser au second album, moi, mais ouais j’espère qu’elle arrivera vite. J’ai commencé à composer déjà chez moi depuis un moment.

Alex : Avec de la Thaïs de 2021 dedans ?
Thaïs Lona : Pas que. En vrai, il y a de la Thaïs de 2015 à 2021. J’ai fait un grand écart pour celui-ci. (rires) Mais c’est une autre histoire, ça. Je vais déjà sortir ce premier opus et on verra. Puis franchement, j’ai trop hâte de partir en tournée avec. Faudra venir me voir.

Le rendez-vous est donc pris avec Thaïs Lona. Ecoutez vite son EP « Dancing Again« , qu’on ne soit plus les seuls à attendre impatiemment la sortie de son premier album « Cube« .

Et pour les plus impatients, Thaïs Lona fera la première partie de Priya Ragu le 26 novembre au Badaboum, à Paris :


Nos partenaires

© Hey Alex 2021