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MGMT, SBTRKT, PWR BTTM : d’où viennent ces noms de groupe ?

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MGMT, SBTRKT, PWR BTTM, tous ces groupes, peu importe leurs univers, ont joué l’originalité en décidant de bannir toutes voyelles de leurs noms. À tel point, qu’on hésiterait même sur leur prononciation. Mais pourquoi de tels noms ? Éléments de réponse.

Aux oubliettes les voyelles !

Il est désormais impossible de parcourir une affiche de festival sans voir apparaître des noms tels que MGMT, SBTRKT, SCNTST, PWR BTTM ou MLKMN. Un phénomène de noms bannissant les voyelles qui semble trouver son origine en 2007 avec l’explosion du groupe MGMT avec son premier album « Oracular Spectacular.»

Mais, est-ce par conviction littéraire que certains artistes décident d’abandonner les voyelles ? Une manière de rendre hommage à George Perec et son roman La Disparition, dans lequel, sur 300 pages, l’auteur n’utilise pas une seule fois la lettre -e-. Pas vraiment.

Un effet de mode et une évolution de la société ? C’est ce que suggère Tyler Schnoebelen, linguiste américain, spécialiste dans les noms de groupes de musique.

« Aujourd’hui : on a moins besoin de parler, de prononcer le nom d’un groupe de manière orale, pour qu’il se fasse connaître, analyse-t-il. Avec Internet et l’écriture au clavier sur les smartphones et ordinateurs, on se retrouve dans un mode de communication beaucoup plus textuel qu’oral par rapport au passé. On lit plus les choses qu’on les écoute, souvent en abréviations. »

Des abréviations qui permettraient également de créer un lien entre fans, la compréhension de sigle suggérant une réelle connaissance du groupe et ainsi justifiant le statut de fans.

« La simple écriture du nom de groupe peut créer un phénomène d’appartenance sociale en tant que fan. Si vous savez prononcer le nom de SBTRKT, vous pouvez prouver que vous ‘savez le dire’ et que donc vous êtes un vrai fan. »

Ainsi savoir que MGMT se prononce « Management », MSTRKRFT se dit « Mistery Kraft », SBTRKT « subtract », HTRK « hate rock », STRFKR « starfucker », ou encore que BLK JKS signifie « black jacks » peut être un argument pour prouver votre amour pour la musique.

Un moyen de sortir du lot

Même sans les voyelles, la signification d’un mot peut toujours être deviner. Et retirer les voyelles ainsi que mettre les consonnes en majuscules permet au mot de ressortir dans un texte et de se démarquer. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir ce phénomène se reproduire dans notre sphère privée : qui n’a pas dans ses connaissances Facebook, des personnes ayant retirer des lettres de leur patronyme ?

« Si tu vois un nom sans voyelles et tout en majuscules au milieu d’une playlist Spotify/Deezer ou dans un article, ça va forcément attirer l’oeil. C’est le moyen le plus efficace de se faire remarquer », ajoute Olivier Rigout, directeur artistique du label/agence Alter K.

Fort visuellement, le sigle permet également de créer une empreinte visuelle dans l’esprit et offrir un bon logo, comme l’explique Les Gordon et Roman Oswald, les frenchies qui composent le duo électro-pop-rap SNGPR.

« On a pris Singapour, qui était un mot qui sonnait bien d’après nous, et on a enlevé les voyelles pour se différencier de la ville, expliquent les membres de ce duo électro. Et puis ça permettait d’avoir facilement un bon logo. »

Pour d’autres, ce n’est pas uniquement le côté visuel qui a influencé ce choix. Pour les Bruxellois de BRNS, par exemple, c’est par praticité qu’ils ont retiré les voyelles.

« Quand on a commencé à marcher, on a vu que c’était un enfer pour nous retrouver sur Google. Tu tapais notre nom sur Google et tu tombais sur des sites de centres de recherche médicale sur le cerveau. Donc on a enlevé les voyelles et on a mis les 4 lettres en majuscules, histoire que ça soit fort visuellement. » explique Antoine Meersseman, bassiste du quatuor.

À la croisée entre le marketing, la praticité et le sentiment d’appartenance, le phénomène des noms en abréviations marque l’univers de la musique et ne laisse, décidément, pas indifférent.

À propos de l’auteur

Ma vie professionnelle : Suite à un Master en Communication Globale et et Master en Marketing à l'école de commerce de Toulouse, je me suis spécialisée dans la communication et suis aujourd'hui Community Manager et journaliste. Ma vie personnelle : Passionnée par les voyages et la musique, j'aime m'envoler dans le monde pour allier mes deux passions. Etudiante en communication à mes heures perdues, j'ai soif d'apprendre et suis toujours à la recherche de nouvelles connaissances. Vous pouvez me contacter sur julie.blanc@maestro-corporation.com