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Grand retour pour ces hérauts de la scène brestoise ! Plus de huit ans depuis leur séparation, Matmatah est de nouveau en tournée avec un nouvel album dans les bacs, Plates coutures. Ils étaient présents lors de la toute première édition de Papillons de nuit, et les revoilà sur la même scène, seize ans après, avec une vision un peu plus large du monde. Rencontre avec Manu (guitare) et Scholl (batterie). 

Hey Alex : Est ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi Matmatah comme nom de groupe ? C’est le nom d’un village en Tunisie, si je ne me trompe pas…

Manu : Un village en Islande (rire). Non, c’est bien le nom d’un petit village en Tunisie. C’est Tristan qui est allé là-bas quand il était jeune et l’endroit l’a marqué. On a rajouté le « h » pour se rapprocher de la prononciation en arabe.

Scholl : C’est un petit village troglodytique. Quelques scènes de Star Wars ont été tournés là-bas (ndlr : George Lucas s’en était servi comme décor pour la résidence de Luke Skywalker).

L.A : Manu, tu es le nouveau dans Matmatah. Tu jouais dans le projet solo de Tristan, donc tu n’es pas non plus totalement un étranger dans le groupe. Comment ton insertion c’est passé ?

Manu : C’était abominable (rire) ! Non je rigole. Je connaissais déjà bien Tristan car on avait fait un album ensemble et donc on avait aussi tourné ensemble. Du coup, j’avais aussi rencontré Scholl parce qu’il avait participé à l’album et à la tournée. Donc ça c’est super bien passé. Je fais passer mes idées comme tout le monde. C’est un groupe de rock donc il faut avoir un peu de répondant au niveau de la création et de l’écriture de l’album. J’ai pu envoyer la balle dans tous les sens sans complexe, sans restriction particulière et sans avoir à faire purement du Matmatah, tu vois. Je pouvais rester moi-même, amener mes propres idées… comme tout le monde fait dans le groupe de toute façon.

Scholl : Il (Manu) est arrivé avec son réservoir d’influence, sa culture. Le rock c’est tellement vaste !

L.A : Et c’est quoi la musique qui t’influence par exemple ?

Manu : Ces dernières années j’ai bien accroché sur Queens of the Stone Age. C’est un groupe de rock, mais j’écoute véritablement de tout ! Pour ma part, je peux aller choper une petite idée que ce soit dans le jazz ou dans la pop. Après, Tristan et Scholl on vraiment une culture sixties/seventies. Donc c’est pas mal d’avoir des échanges et aboutir à quelque chose d’un peu différent si ça se mélange bien.

L.A : Comment c’est passé l’écriture de Plates coutures (2017) ?

Manu : On a commencé par voyager au Maroc (rire) ! On s’est dit « tiens, on va commencer par partir en vacances ! » En fait, c’était surtout pour passer du temps ensemble. Du coup on est parti avec quelques grattes et des petites idées.

Scholl : Ça c’est fait de petit à petit en plusieurs endroits, de manière très improvisée.

Manu : Histoire d’aller ailleurs et de faire véritablement connaissance, délirer ensemble tu vois. On cherchait de l’inspiration, mais on y était aussi pour se marrer un peu. Sinon, pour composer, on été pas mal chez Scholl, un très chouette endroit à la campagne, dans la région de Brest. Donc pas de tentation urbaine, et on a pu rester concentré sur le travail. Ça pouvait partir d’une bouffe chez Scholl, et hop quelque chose nous vient et on se met tout de suite à enregistrer.

Scholl : Forcement quand tu fais un album, il faut vivre ensemble et partager des choses. Et tout ça se retranscrit naturellement dans notre musique. C’est un travail de groupe, donc par exemple, même si c’est Stan qui écrit les paroles, on doit tous être d’accord sur ce qu’il écrit.

L.A : Avec un nouveau membre, et surtout près d’une décennie d’intervalle depuis votre dernier album (La cerise), comment votre musique a-t-elle évoluée ?

Scholl : Logiquement, ou naturellement plutôt, notre musique évolue tout le temps. Elle suit son cours. On ne veut pas refaire les même chose que dans le passé. Globalement c’est un album qui est assez rock. Possiblement le plus rock qu’on ait fait, et la musique paraît bien sur scène. En tout cas il y a une volonté de se renouveler.

L.A : Une chose qui vous a inspirée en particulier pour l’écriture ?

Manu : Le premier morceau qu’on a beaucoup travaillé c’est Nous y sommes. Et comme la thématique du texte c’est la fin de la civilisation, on s’est dit qu’à partir de là on pouvait se diriger vers d’autres sujets en lien avec ce thème. En tout cas c’était une sorte de départ ou de colonne vertébrale.

Scholl : C’est un album qui est au présent. C’est assez contemporain si on peut dire ça comme ça. On observe le monde dans lequel on vit.

Manu : L’idée n’est pas de dénoncer quelque chose, mais de ce poser des questions. On ne peut pas dire que notre monde est en pleine forme actuellement ! Donc ça fait pas de mal d’avoir un morceau léger comme Margipop aussi. Mais clairement, il y a quoi agacer quand tu jettes un regard sur la planète.

Scholl : La thématique des chansons s’est élargie depuis le temps. Avant les thèmes de nos chansons étaient plus personnels. On n’écrit plus les mêmes choses quand on a vingt ans et quand on a quarante ans !

(Propos recueillis par Olivier Partos)

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À propos de l’auteur

Marion Sebastia

’ai toujours aimé écrire. Comme j’ai toujours rêvé d’être dans cette foule, au festival de Woodstock, les pieds nus emportée par la musique et figée dans l’instant. J’aurais aimé vivre à l’époque « Gainsbarre »... J’écoute du Tame Impala et danse en culotte le matin quand je suis seule sur du Baxter Dury. C’est une raison pour me lever le matin. Après le café.