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En pleine promo pour son sublime « Amina », la réédition de « Jeannine », Lomepal se livre comme jamais, sans artifices, avec une honnêteté troublante. Mais il a lâché aussi une bombe. Il va tout arrêter et partir en pause, partir à l’aventure, loin de tout. Mais avant, il se confie à Alex.

Alex : Qu’est-ce qu’apporte les nouvelles chansons à « Amina », la réédition de « Jeanine » ?

Lomepal : Je voulais finaliser une oeuvre, la digérer avec un but premier : montrer les coulisses avec des maquettes et du live. Mais il y a aussi des inédits qui permettent de consolider l’album, de raconter une nouvelle histoire. Il n’y a que « 200 » qui était écrite et qui devait figurer sur « Jeannine » mais je trouve qu’elle n’avait pas la bonne couleur pour aller avec l’album. Elle va à la perfection avec le rouge de la pochette de « Amina ». Les autres ont été écrites entre mai et septembre.

Alex : Ces nouvelles chansons sont encore plus intimes que les précédentes. A quel point, il y a du Antoine dans Lomepal ?

Lomepal : Je voulais livrer un exercice artistique le plus proche de mon intimité, un geste artistique sans pudeur, sans artifices. Je ne pourrais plus le refaire, les gens me connaissent maintenant, ils savent qui je suis…En fait, vous n’allez pas le croire mais j’ai une vie banale donc je la raconte. C’est bien plus fort que si je m’inventais une vie et que je le chantais. Ce n’est pas ça mon objectif. Si ça parle à beaucoup de monde, c’est que beaucoup vivent la même chose.

Alex : Comment arrive-t-on à écrire cette intimité ? Est-ce que c’est plus facile d’écrire sur soi ?

Lomepal : J’ai une manière différente d’aborder le morceau. Je réfléchis à ce que je veux dire et je le retranscris littéralement, sans aucun filtre. Ensuite, il ne me reste plus qu’à coudre la métaphore pour en faire un titre brut et transparent.

Alex : La prochaine question aurait de savoir si vous êtes en train d’écrire de nouvelles chansons mais on a lu, ici où là, que vous vouliez faire une pause. C’est vrai ?

Lomepal : Oui, j’ai besoin de faire une pause. J’ai besoin de quitter ce monde que je connais, de voir autre chose. Depuis quelques années, avec « Jeannine », « Amina », les tournées, j’ai vécu un truc intense, incroyable, épuisant mais je fais une overdose…. je vais tout plaquer. Profiter à fond de cette pause voilà ce qu’il me faut. Je vais être honnête, je n’ai pas juste besoin de prendre des vacances. Enfin, là tout de suite, ça va être en deux parties : des vacances pendant un mois. Puis je reviens à Paris, je vais me préparer à partir avec mon sac à dos. Je coupe tout et je pars. Je ne sais pas où j’irai, ce que je ferai, je sais juste que j’ai besoin de voir autre chose.

Alex : Vous n’avez plus cette haine créatrice qui vous anime depuis le début, ce besoin de revanche ?

Lomepal : Non…je n’ai plus cette haine…Mon processus créatif est foutu… Avant je me battais, j’avais la nécessité de me battre pour dire quelque chose, aujourd’hui, faire de la musique, c’est devenu mon métier. J’ai fait de l’art de manière intense, aujourd’hui, ça commence à devenir trop mécanique. Je veux réussir quelque chose, je ne veux pas seulement faire du fric. C’est devenu monotone, je ne peux plus, je veux que ça change.

Alex : Avant de partir, vous nous avait fait un beau cadeau avec le concert « Lomepal, 3 jours à Motorbass » vu sur Arte. Comment vous en êtes arrivés à travailler avec la chaîne ?

Lomepal : J’ai fait des sessions acoustiques pour « Flip » et je voulais faire la même chose pour « Jeannine ». Il y avait aussi l’envie de le filmer. Là, je ne sais plus comment, j’ai croisé Christophe Charrier (le réalisateur du concert et du film « Jonas ») qui m’a présenté des gens de chez Arte, puis on a parlé des studios Motorbass et on travaillé sur l’idée pendant plusieurs mois. On a mis des morceaux de vie dedans. C’était un beau moment.

Alex : En plus de la réédition « Amina », vous êtes aussi dans l’actualité musicale aujourd’hui avec la sortie de l’album « Confessions » de Philippe Katerine. Vous faites une collaboration complètement folle avec le titre « 88% ». Comment c’est de travailler avec Katerine ?

Lomepal : J’adore Philippe. Il est très libre, il ne réfléchit pas comme tout le monde. Je l’avais invité sur un clip et depuis, c’est devenu une sorte de mentor. Pas un mentor classique, il me montre autre chose, il montre comment vivre sa vie. Ce qui est beau avec lui c’est qu’il prend du plaisir avec les petites choses. Il se fait plaisir et c’est agréable à voir, à entendre. Il est venu me voir en studio pour me proposer de le rejoindre. Il m’a chantonné le refrain et j’ai trouvé ça marrant donc j’ai accepté. Philippe tourne le sujet de l’homophobie d’une façon inattendue, avec ironie, en livrant un combat engagé. Je déteste tellement les discours 1e degré. On s’est bien amusé.

Lomepal est encore en tournée quelques jours. Allez le voir sur scène où il « profite à fond parce que je ne sais pas quand je remonterai sur scène » :

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À propos de l’auteur

Depuis que j'ai découvert Asgeir, je dévore la musique islandaise comme jamais. Sinon, je me nourris à la pop-folk de tout horizon et à la chanson française. La passion dans ma vie : faire chauffer Shazam en regardant des séries.

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